De la Justice dans la Revolution et dans l’Eglise - P. J. Proudhon - Vol. 5 - 1870

. NOTES ET ÉCLA!RCISSEMENTS 289 . statistique, je veux dire au statu quo des recettes : car, pour ]e surplus, il est d'avis de ne rien négliger de ce qui peut contribuer à apprendre·à l'ouvrier, par la pratique de la tempérance, de l'économie domestique, des v~rtus religieuses, des institutions de prévoyance, à se contenter de son sort, et meme à faire des économies sur son petit budget. Mais, en bonne foi, est-ce là tout ce que le budget de l'ouvrier, si laborieusement analysé par M. Le Play, soulève de questions pour l'économìste, le philosophe et l'homme d'État? a. Voilà un ouvrier, fondeur, mineur, tisserand, horloger, blanchisseur, etc. La première question qui se pose est de savoir jusqu'où doit s'étendre son instruction professionnelle. Car il est évident que la division du trava,il tend à restreindre l'horizon de l'ouvrier; elle le mécanise, et le rend esclave. Quelle sera donc son éducation? Quel son apprentissage? Membre d'une société civilisée, on ne peut pas le traiter comme un enfant perdu de la sauvagerie, une bete de· service à face ·· humaine, dont on tire le parti le plus utile avant qu'elle · crève. C'est un membre de la république, à qui le pacte social reconnait des droits, à qui l'État, par conséquent, doit des garanties. Su:r quoi porteront ces garanties? Sur le travajl, ou sui"l'assistance? La question • ne peut etre éludée; et cependant le but de M. Le Play et de tous les philanthropes ses pareils est de ]'éluder. Point de droit à l'enseignement, point de droit -au travail, point de droit à l'assistance.: voilà ce qu'ils déclarent. La métkode de M. I~e Play serait désastrouse, revolutionnaire, si elle conduisait à la reconnaissance de pareils ·droits. Biblioteca Gino Bianco

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