284 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS Les gens aisés, pour se procurerde bons domestiques, n'ont trouvé le secret que l'appat des gages. De là, une ano1nalie affligeante : le domestique est rétribué au dessu~ de sa valeur, la servante est plus cossue que l'ouvrière, ce qui est le -renv~rsement de tous les rapports sociaux, politiques et économiques. ·Les maitres . n'en sont pas mieux servis : la domesticité étant à la hauss~, l'exploitation de la classe riche par la domesticité ne fait que grandir : ce sera une des causes de la destruction de la bourgeoisie. Au vide que laisse une do:r:nesticitédépravée, il n'y a, qu'un remède : c'est que les femµies, les jeunes :fi.lles, revenant courageusen1ent aux soins du ménage, redeviennent leurs propres domestiques ; c'est que les familles se réforment, que le fils ne quitte point la maison paternelle, que la smur non mariée ne se sépare pas de la sreur établie, que les mères re$.tent avec leurs. enfants, les oncles et tantes avec leurs neveux. Il existe en Allemagne une coutume heureuse, c'est l'échange que les familles font entre elles de leurs enfants, a:fin de les former aux travaux de l'indus.tric, aux habitudes de familles et aux soins du ménage. J e ne la conseillerais pas en France : dans l'état des :rnreurs, il n'y a nulle sécurité pour_ la jeune fille, pas meme pour le jeune homme, à s'éloigner du foyer paternel. Mais il .est certain si quelque chose peut un jour remplacer la domesticité féodale, qui n'avait rien d'humiliant, c'est, après la réforma des mreurs férninines,- la domesticité mutuelle. .. • Biblioteca Gino Bianco
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==