Leon Gambetta - H. Depasse - page 11

LEON
GAMBETTA.
Quand son absolu détachement de sa con–
servation propre, sa négligence hautaine pour
ses intérCts immédiats et corporels lui fit ap–
puyer, par mégarde, la main sur le revolver, la
balle, en partant, tomba dans le sang du monde
qui fut jamais le plus surchauffé par l'ardente
passion de la vie publique. Son existence a été
un torride et fulgurant été, un prodige de ma–
turité soudaine. Porté en un moment au faite
de la popularité et de l'influence,
il
y a péri
tout entier sans décroitrc. Il s'est éteint
à
son
zénith, n'ayant presque pas connu le matin et
n 'ayant pas eu de soi
r.
Un million d'hommes s
1
est senti touché par
sa mort, cent mille ont célébré ses funérailles,
des milliers Pont pleuré, camme on pleure,
quandon est homme, sur le cercueil de sa m
è
re
ou de son enfant.
Certains ont prétendu que c'était fai re tort
à
l'idée républicaine, que c'était rnanquer aux
lois de l'esprit démocratique: leur philosophie
est bien bornée. La France, sur ce grand
sépulcre, où elle venait d
1
enfermer une partie
si brillante de sa vie publique, a senti le besoin
de proclamer son droit national et son im!Ilor–
talité. Elle s'est mise tout entière en mouvc-
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